Niveau
B1
Fonctions langagières
- Raconter une expérience
- Exprimer ses ressentis
Vocabulaire
- Lexique des émotions
Ce court métrage débute sur un écran noir et on entend une voix qui demande : "Alors, qui lit maintenant ? " Nous nous trouvons dans un cours de FLE pour adultes dans la ville de Denver et Carol, une quinquagénaire américaine s'apprête à lire sa production écrite. Elle y décrit une journée qu'elle a passée lors d'un voyage à Paris et nous la suivons tandis qu'elle partage les pensées et les ressentis qu'elle a pu avoir lorsqu'elle se promenait à la découverte de la capitale.
Ils disent beaucoup de choses sur Paris. Ils disent il est où les artistes trouvent l’inspiration. Ils disent il est où les gens partent pour chercher quelque chose nouveau dans sa vie. Ils disent il est où on peut trouver l’amour. Bien sûr, à mon âge, je n’avais pas d’expectatives pour tout ça. Mais pendant ces jours, j’avais beaucoup de pensées sur ma vie. J’ai réfléchi si j’étais née à Paris, ou si un jour j’avais de l’argent, je peux vivre là. J’ai imaginé distribuer les lettres chaque jour dans une rue comme ça et connaître les gens qui habitent là. Je suis sûre qu’ils sont très gentils. J’ai visité un cimetière fameux où sont enterrés beaucoup de gens fameux. J’ai vu la tombe de Jean‐Paul Sartre et Simón de Bolívar. Mon livre dit qu’ils étaient deux fameux écrivains français et qu’ils s’aimaient beaucoup et c’est pourquoi ils sont enterrés ensemble. Et j’ai vu la tombe d’un homme qui s’appelle Porfirio Díaz. Mon livre dit qu’il était dictateur du Mexico pour 35 ans. C’était intéressant être à côté d’un homme très puissant qui maintenant ne peut plus bouger ou parler comme moi je peux. J’ai pensé à ma sœur Patty qui est morte très jeune, et j’ai pensé à ma mère, qui est morte de cancer l’année dernière. Un jour, moi aussi je serai enterrée et peut‐être personne me visitera. Mais je m’en fous. Je serai morte. Mais je ne suis pas une personne triste. Au contraire. Je suis une personne heureuse avec beaucoup des amis et deux chiens merveilleux. Seulement quelque fois je pense que serait bon avoir quelqu’un avec qui partager les choses. Par exemple, quand j’ai vu tout Paris d’un gratte‐ciel, je voulais dire à quelqu’un, « C’est beau, n’est‐ce pas ?» Mais il n’y a pas personne. J’ai pensé à mon ex‐petit‐ami Dave, s’il aimerait ce voyage, mais je me suis sentie un peu stupide, parce qu’il y a 11 ans que je ne parlais pas avec lui, et maintenant il est marié avec trois enfants. Puis j’ai trouvé un très joli petit parc. Je me suis assise dans le parc et j’ai mangé un sandwich que j’ai acheté. C’était très bon. Et puis, quelque chose est arrivé, quelque chose difficile de décrire. Assise là, et être seule dans un pays étranger, loin de mon travail et de tous les gens que je connais, un sentiment est venu à moi. C’était comme si je me souvenais de quelque chose que je n’ai jamais connu, ou que j’avais attendu toujours, mais je ne savais pas quoi. Peut‐être c’était quelque chose que j’avais oublié ou quelque chose qui m’a manqué toute ma vie. Seulement, je peux vous dire que j’ai senti en même temps la joie et la tristesse, mais pas trop tristesse, parce que je me sentais vivante. Oui, vivante. Ça c’était le moment que j’ai commencé à aimer Paris... et le moment que j’ai senti que Paris m’aimait aussi.
